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Itinéraires
vers l'esprit de la nature
Extrait
du livre :
Plus tard dans la saison, ce sont les poiriers qui nous ont surpris.
Le poirier qui a fleuri le dernier fut celui qui nous donna le
premier, de petites poires sucrées et chaudes gorgées du soleil de
fin août. Elles ont le goût de l'apaisement après les grosses
chaleurs. Nous avions fait de bonnes et longues méditations en
leurs faisant découvrir la musique classique (Mozart et Beethoven).
La première fois ce fut un choc (pour eux) la surprise fut telle
que leurs énergies cessèrent de circuler comme une respiration
bloquée par l'inattendu. Puis en trois secondes, leurs feuilles
vibraient avec les harmonies et rythmes sonores, le vent jouait à
les caresser, comme si l'esprit du vent participait à la symphonie
en tourbillonnant dans les branches et les feuilles au rythme des
notes et à l'ampleur des vagues de sonorités.
Tous les jours je me mettais aux fourneaux pour préparer des
confitures de poires que je stockais au sous sol. Nous avions dû
acheter des étagères à confiture pour entreposer nos productions.
Nous retrouvions emmagasinées dans les pots de verre, roussis par
leur contenu cuit au sucre non raffiné, la richesse et la force de
cet été. Nos expériences spirituelles nous confirmaient que les
vibrations inscrites lors de la fabrication de nos produits par nos
états intérieurs et émotifs, facilitaient le travail d'évolution
que nous faisions sur nous et que nos adhérents partageaient.
A presque un mètre de notre terrain, nous avons une source
permanente. Peu à peu je sentais qu'il s'y passait quelque chose,
mais je ne savais pas bien quoi, et je n'avais pas pris le temps de
m'y attarder. Nos guides spirituels dont certains s'expriment au
travers de cristaux (géants) font à leur guise des interventions
spirituelles sur notre environnement et ceux qui nous entourent; et
j'étais invité à venir vers la source et à m'occuper d'elle.
Le réservoir était à l'abandon une bonne partie de l'année et
l'entretien des alentours y était fait sans conscience
particulière. J'entreprit alors de commencer à nettoyer le bac,
qui était bien bourbeux et encombré de feuilles mortes; l'esprit
de la source commençait à vibrer quelque peu d'une manière très
originale. Deux ou trois semaines après je coupais les herbes
hautes, les lierres, j'ôtais les vieilles branches que des
indélicats avaient laissées là.
Des fruitiers sauvages appelaient aussi pour que je m'occupe d'eux,
une main posée sur le tronc, ma présence les faisait réagir, je
pris soin d'eux durant plusieurs jours tellement il y avait de
travail à faire; nos autres activités d'accueil nous laissait
quand même un peu de temps. J'ai même redécouvert un petit mur de
pierre construit par les anciens, je l'ai restauré en partie, une
source suinte doucement entre ses pierres posées.
Bref, peu à peu, j'ai stimulé les éléments naturels en les
sollicitant, en prenant soin d'eux et en répondant à leurs
souhaits, les lieux étaient libérées des énergies de dissolution
enlevées et satisfaits du temps passé et de mon investissement.
C'est durant l'automne que la fée de l'eau s'est manifestée à moi
dans un ravissement blanc bleuté qui flottait un peu au dessus de
la source. Dans un discours imagé elle me dit que personne ne la
sollicitait plus depuis des années, elle était partie dans les
bois se réfugier pour s'endormir.
Parfois un enfant venant boire la tirait quelque peu de sa torpeur,
mais pas assez pour la faire revenir. Le fait de prendre soin
d'elle, de venir la remercier de l'eau donnée, de prendre de l'eau
ici pour quelques élixirs avait revigoré son intérêt pour les
hommes.

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